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Toni Collette dans Hérédité de Ari Aster
Toni Collette dans Hérédité de Ari Aster — DeaPlaneta/Metropolitan Filmexport
  • Le pitch est simple: la vie d’une famille bascule après la mort de la grand-mère.
  • « Hérédité » effraye le public en confrontant ses héros à des phénomènes étranges.
  • Le réalisateur Ari Aster est un fan de Stanley Kubrick et Roman Polanski et cela se voit dans son film.

La famille, quel cauchemar ! C’est la conclusion à laquelle parvient le spectateur à l’issue de Hérédité , premier long-métrage d’ Ari Aster qui a fait trembler une Séance de minuit du Festival de Sundance en janvier dernier. A la mort de sa mère, une femme apparemment rangée (impressionnante Toni Collette) voit sa vie avec son mari et ses enfants basculer dans l’horreur.

« Je me suis dit que rien n’est plus terrifiant que la famille parce que, par essence, c’est en son sein qu’on doit se sentir protégé, explique le réalisateur à 20 Minutes. Rien ne me semble pire que le moment où ce cocon devient une menace. ». Par petites touches, Ari Aster fait découvrir les nombreux traumas dont souffre son héroïne, que le décès d’une matriarche aux multiples secrets déboussole totalement.

« Hérédité a pris la forme d’un film d’horreur car ce genre permet de traiter tous les sujets tout en conservant un fort potentiel commercial », insiste Ari Aster. Il ne lésine pas sur les effets dérangeants quand des spectres commencent à troubler la maisonnée. Pourtant, son film souligné par une bande-son brillante de Colin Stetson, saxophoniste surdoué qui a notamment tourné avec Arcade Fire, est plus qu’un thriller d’épouvante. Il joue sur les peurs basiques que la vie de famille peut engendrer.

Poussé à l’extrême

« Je le vois vraiment comme un drame familial poussé à l’extrême dont les fantômes sont des manifestations d’un passé tragique », insiste le cinéaste. C’est peut-être pour cela que la tension prend le spectateur aux tripes dès les premières scènes. De la gamine qui fabrique des objets d’art macabre à sa maman qui reproduit les pièces de leur maison avec des miniatures au réalisme saisissant, tout est conçu pour que la tension s’installe profondément.

Sous influence

Amoureux de cinéma fantastique, Ari Aster reconnaît volontiers avoir pensé à Rosemary's Baby de Roman Polanski et à The Shining de Stanley Kubrick en bâtissant son intrigue. « J’ai un faible pour les œuvres où le public ne sait pas s’il a affaire à de véritables phénomènes paranormaux ou à des manifestations de dérangement mental », précise-t-il. Le réalisateur maintient l’ambiguïté entre manifestations occultes et folie furieuse. Il met plus d’une fois les poils des spectateurs au garde-à-vous par sa maestria pour distiller l’angoisse.

 

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/2283999-20180613-video-heredite-fait-vraiment-peur-famille
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